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Suivi des gorilles et permis

2024-12-31

Le suivi des gorilles de montagne (Gorilla beringei beringei, UICN En danger) figure parmi les expériences fauniques les plus intenses de la planète. Les quelque 1 000 individus qui subsistent sont répartis entre trois pays — Ouganda, Rwanda et République démocratique du Congo — et l'accès est étroitement réglementé. Comprendre le système de permis, les règles sanitaires et les conditions de terrain est indispensable avant de partir.

Bwindi Impenetrable, Ouganda — 800 USD

Le parc national de Bwindi Impenetrable abrite la plus grande portion de la population mondiale de gorilles de montagne, répartie en une quarantaine de groupes dont une vingtaine environ sont habitués au contact humain. Le permis délivré par l'Uganda Wildlife Authority coûte 800 USD par personne depuis 2020. Le prix intègre un prélèvement communautaire de 5 % reversé aux villages riverains du parc, un mécanisme qui explique en partie la stabilisation du braconnage dans la région.

Les quatre secteurs de départ — Buhoma, Ruhija, Rushaga et Nkuringo — offrent des profils de randonnée différents. Buhoma est le plus accessible depuis Kampala, Rushaga concentre le plus grand nombre de groupes habitués, dont le groupe Nshongi, le plus grand de Bwindi avec plus de 25 membres. La randonnée dure en général de deux à six heures selon les mouvements des gorilles la veille. Un guide de l'Uganda Wildlife Authority et deux rangers armés accompagnent chaque groupe de huit trekkers.

Parc des Volcans, Rwanda — 1 500 USD

Le Rwanda Tourism Board a porté le prix du permis à 1 500 USD en 2017, un choix délibéré de positionnement premium. La hausse a réduit le volume de visiteurs tout en multipliant les recettes par tête, et le gouvernement rwandais reverse 10 % des droits de gorilles aux communautés riveraines. Le parc des Volcans occupe les flancs du massif des Virunga, à une altitude comprise entre 2 400 et 4 507 mètres au sommet du mont Karisimbi. Dix groupes sont actuellement habitués à la visite.

Le parc héberge également des cercopithèques dorés (Cercopithecus kandti, UICN En danger), une espèce endémique des Virunga pour laquelle un permis séparé de 100 USD permet de passer une heure avec un groupe habitué dans les zones de bambou à altitude intermédiaire.

Virunga, RDC — 400 USD (mise en garde sécuritaire)

Le parc national des Virunga en République démocratique du Congo est le plus ancien parc d'Afrique (1925) et abrite des gorilles de montagne sur les mêmes flancs volcaniques que le Rwanda. Le permis coûte 400 USD, soit quatre fois moins qu'au Rwanda. L'accès est possible depuis Goma par la route de Kibumba, mais le parc est localisé dans l'une des zones d'instabilité chronique d'Afrique centrale. Des groupes armés opèrent dans les zones tampons, et des rangers du parc ont été tués lors d'attaques répétées. La décision de visiter les Virunga congolais doit être précédée d'une consultation des avis aux voyageurs du ministère des affaires étrangères de votre pays de résidence et d'une coordination avec un opérateur local informé de la situation sécuritaire au moment du départ. Les règles sanitaires en vigueur sont identiques aux deux autres pays.

La règle d'une heure et la structure du groupe

Dans les trois pays, le temps passé avec les gorilles est limité à une heure strictement chronométrée à partir du premier contact visuel. Cette limite n'est pas un confort administratif : les gorilles de montagne sont génétiquement proches des humains et vulnérables à nos pathogènes respiratoires. Des épidémies de maladies transmises par des visiteurs ont tué des membres de familles habituées par le passé.

Les groupes de suivi sont limités à huit trekkers par famille de gorilles et par journée. Les guides maintiennent une distance minimale de dix mètres entre les visiteurs et les animaux, sauf si un gorille s'approche de son propre chef, ce qui arrive régulièrement. Dans ce cas, la consigne est de rester immobile et de ne pas établir de contact visuel direct avec les mâles dominants.

Règles sanitaires strictes

Les règles sont identiques dans les trois pays et appliquées sans exception. Le port du masque est obligatoire pendant toute la durée du contact avec les gorilles. La photographie au flash est interdite. Il est impératif de ne pas tousser ni éternuer en direction des animaux ; si une quinte de toux survient, le guide vous éloignera du groupe. Tout visiteur présentant des symptômes grippaux, une gastro-entérite ou une infection respiratoire se verra refuser l'accès le matin du départ, sans remboursement dans la plupart des cas. Souscrire une assurance voyage couvrant l'annulation médicale de permis est fortement recommandé.

L'héritage de Dian Fossey

La chercheuse américaine Dian Fossey a établi le Karisoke Research Center sur les pentes du mont Visoke en 1967, au sein de ce qui est aujourd'hui le parc des Volcans rwandais. Ses travaux d'habituation progressive des gorilles de montagne ont démontré que l'espèce pouvait coexister avec une présence humaine contrôlée, et ont posé les bases du système de suivi touristique actuel. Fossey a été retrouvée assassinée dans sa cabane en décembre 1985 ; l'enquête n'a jamais abouti à une condamnation définitive. La Dian Fossey Gorilla Fund International maintient le Karisoke Research Center en activité et finance des programmes de suivi des populations à Bwindi et dans les Virunga. Une visite au centre de recherche de Karisoke ou au Fossey Fund's Ellen DeGeneres Campus, ouvert en 2022 à Musanze, prolonge utilement une journée de suivi.

Logistique pratique

Les permis pour Bwindi et les Volcans se réservent plusieurs mois à l'avance, souvent un an pour les mois de haute saison (juin-septembre et décembre-janvier). Les agences accréditées en Ouganda et au Rwanda peuvent vous obtenir des places sur des annulations à plus court terme, mais ne comptez pas dessus en haute saison. Arrivez en forme physique : la montée en forêt de montagne à haute altitude est exigeante, quelle que soit la durée de la randonnée. Des porteurs peuvent être engagés à l'entrée du parc pour une somme modeste et représentent à la fois un soutien physique et une contribution économique directe aux communautés locales.

La carte liste les accès, hébergements et opérateurs accrédités pour les trois pays.